Quand les garçons s’en mêlent

Couturier – styliste

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Qu’est ce qui pousse un disquaire à devenir plombier puis créateur de vêtements pour homme ? Les rencontres, l’attrait pour les métiers manuels, la vie, les expériences et l’envie avant tout de s’épanouir dans son travail. C’est aussi et surtout une rencontre avec la matière : le tissu.

L’histoire de Jibé et de sa marque Quand les garçons s’en mêlent prend sa source à Roubaix. Lassé de son travail de disquaire et en pleine remise en question, il poursuit dans la vente pour finalement se lancer dans une formation de plombier. Il s’installe à son compte quelques temps.

Mais son expérience dans le textile va prendre le dessus. Au contact des tissus et à force de les manipuler, l’envie lui vient d’essayer d’en faire quelque chose : il crée ses propres pantalons pour sortir de la monotonie des propositions traditionnelles de la mode masculine. Il se lance aussi sans peur et sans reproche, dans la fabrication des chemises dont les complexités techniques n’ont aujourd’hui plus de secret pour lui. Il apprend sur le tas en faisant et refaisant jusqu’à atteindre l’exigence de qualité qu’il cherche. Jibé est autodidacte et exigeant avec lui-même. La qualité de son travail  et son goût immodéré pour les boutonnières et les belles finitions en témoignent.

_A130787BISIl lance une première collection sous le nom Jibé. Cette collection se développe sur le thème du caleçon, décliné en accessoires humoristiques et décalés. L’image du sous-vêtement est détourné, il s’affiche et se revendique.

Après 4 ans, il décide de donner un nouvel élan avec une remise en cause complète de son travail. Aussi il décide en 2015 de créer sa marque à lui tout seul « Quand les garçons s’en mêlent ».

Il propose alors des vêtements, des accessoires (ceintures, cartables, montres) qu’il veut différents, rigolos, qui sortent de l’ordinaire. Il invente le principe des demi-chemises, boutonnées à la fois devant et derrière qu’on peut combiner à sa guise. C’est un appel à la créativité de ses clients. Il aime mélanger et cherche l’équilibre entre les motifs et les couleurs vives. Son premier pantalon était déjà boutonné sur un coté à la manière des pantalons de cow-boy.  Jibé aime s’amuser avec les étapes de la fabrication d’un vêtement et décomposer la démarche. Sans formation initiale, il se sent plus libre d’interpréter la technique au service de ses idées.

L’atelier

Jibé fabrique ses produit seul dans son atelier, situé à l’étage de la boutique Pas Que Beau à Saint-Nazaire depuis avril 2015.

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Après avoir travaillé longtemps à son domicile, c’est au-dessus de cette jolie boutique que Jibé a fini par installer ses machines à coudre, recouvreuse, piqueuse et surjeteuse, sa planche à repasser face à la rue passagère et sa table de coupe. Les murs sont couverts d’étagères remplies de tissus aux motifs et couleurs variés, sur la table une petite séries de cartables est en cours de montage. Une dizaine de pièces toutes différentes par les assemblages des tissus mais toutes sur le même gabarit vont voir le jour.  Les cartables ont un look un peu rétro qui revendiquent leur asymétrie et mêlent les tweed, chevron, prince de galle et les rayures avec subtilité. L’atelier d’une trentaine de mètre carré est spacieux et lumineux. Depuis mars 2016, il est partagé avec une autre créatrice nazairienne, Nathalie de Angelis pour les guêtres Kahena.

L’objectif du moment est de réduire le stock de tissus pour chemise et de valoriser l’acquis. Originaire d’une région textile, Jibé connait bien les fournisseurs de tissus et de la mercerie (boutons, fermoirs, fermetures). Jibé travaille sur des croquis quand il imagine de nouveaux modèles et met au point son patronage. Il passe à la phase de sélection des matières, la plus importante pour lui, et puis vient l’assemblage pièce par pièce ou en petites séries.

_A131405_A131416Il travaille peu sur commande mais retouche parfois ses produits aux mesures des clients. Il vend aux particuliers dans la boutique Pas que beau et une autre à Bruxelles et travaille aussi beaucoup sur des salons de créateurs à Nîmes, Poitiers, Niort ou Quimper.

Il a aujourd’hui choisi le statut d’auto-entrepreneur qui lui convient bien car il aime travailler seul. En cas de besoin de production plus importante, il peut aussi faire appel à des stagiaires ou bien travailler avec l’atelier d’insertion ESAT de Saint-Nazaire. Il aime aussi cet échange qu’il trouve enrichissant.

Ce qui lui est le plus précieux, c’est de pouvoir gérer son temps librement et de faire ses choix. Il aime la matière qu’il a choisi et se dit parfois qu’il ne voudrait plus travailler pour d’autres. Quand on lui demande ce qui pourrait le motiver s’il devait changer de métier, il évoque la céramique une autre piste à explorer, assurément manuelle et toujours dans la forme d’indépendance dont il a besoin.

Les créations de Quand les garçons s’en mêlent

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